le VCO : là où le son naît.
Le VCO (Voltage Controlled Oscillator) est la source sonore du modulaire. C'est lui qui génère les formes d'onde que nous avons vues dans la leçon précédente : sinusoïde, triangle, dent de scie, carré. Sans oscillateur, pas de son — c'est le point de départ de tout patch.
Ce qui rend le VCO « voltage controlled », c'est que sa fréquence (la hauteur de la note) est contrôlée par un signal CV. Envoyez 1 volt à l'entrée CV du VCO, et la note monte d'une octave. C'est la convention 1V/octave, standard dans le monde Eurorack. Cela signifie qu'un séquenceur ou un clavier peut « jouer » de l'oscillateur simplement en envoyant le bon voltage.
le VCF : sculpter le timbre.
Le VCF (Voltage Controlled Filter) est le sculpteur du modulaire. Il prend un signal riche en harmoniques — typiquement une dent de scie — et en retire certaines fréquences pour changer le timbre.
Le filtre le plus courant est le filtre passe-bas (low-pass) : il laisse passer les fréquences graves et coupe les aigus. En tournant le bouton de fréquence de coupure (cutoff), vous ouvrez ou fermez le filtre, rendant le son plus brillant ou plus sombre. C'est le geste le plus emblématique de la synthèse soustractive.
Et comme c'est un VCF, cette fréquence de coupure peut elle aussi être contrôlée par un voltage. Branchez une enveloppe sur l'entrée CV du filtre, et le timbre évoluera dans le temps — c'est comme ça qu'on crée ces sons qui s'ouvrent puis se referment, omniprésents dans la musique électronique.
le VCA : contrôler le volume.
Le VCA (Voltage Controlled Amplifier) est souvent le module le moins spectaculaire, mais c'est un des plus essentiels. Il contrôle le volume d'un signal en fonction d'un voltage de contrôle.
Sans VCA, votre son tourne en boucle sans jamais s'arrêter. Branchez une enveloppe sur le VCA, et le son aura un début, un milieu et une fin — comme une note de piano qui s'atténue progressivement. Le VCA donne la dimension temporelle au son.
Mais le VCA ne sert pas qu'au volume. Comme tout dans le modulaire, il peut être utilisé de façon créative : moduler l'amplitude d'un LFO, créer des ducking, contrôler le wet/dry d'un effet. C'est un outil polyvalent.
le LFO et l'enveloppe : le mouvement.
Le LFO (Low Frequency Oscillator) est un oscillateur qui vibre trop lentement pour être entendu — typiquement entre 0,1 Hz et 20 Hz. Il ne produit pas de son, mais du mouvement. Branché sur le pitch d'un VCO, il crée un vibrato. Sur le cutoff d'un VCF, un wah-wah. Sur le volume d'un VCA, un trémolo.
L'enveloppe (EG, Envelope Generator) est un signal de contrôle qui se déclenche une fois puis s'arrête. Le modèle classique est l'ADSR : Attack (temps de montée), Decay (temps de descente), Sustain (niveau maintenu), Release (temps d'extinction). C'est l'enveloppe qui donne sa forme temporelle à chaque note.
LFO et enveloppe sont les moteurs du mouvement dans un patch. Sans eux, le son est statique, figé. Avec eux, il respire, évolue, vit. Dans la prochaine leçon, on va mettre tout ça en pratique en créant un premier patch dans VCV Rack.